Le vendredi, c’est le jour de la Confrérie del Nazareno, qui fait station de pénitence à deux reprises. La première met en scène le Christ encore en vie, en chemin vers le Calvaire, accompagné de Véronique, Marie Madeleine, Saint Jean et Notre-Dame du Secours. L’arrêt est annoncé au son du torralbo, d’une chapelle musicale et d’un chœur interprétant le miserere. La cérémonie débute à trois heures du matin avec l’appel des frères par la Confrérie des Tambours de Lucena ; la procession quitte l’église à six heures du matin. L’icône gothique de la procession effectuera trois bénédictions en chemin. La procession réalise une seconde station de pénitence le soir, avec le Christ gisant sur sa Croix Sainte au creux d’une niche rococo, entouré des Saintes femmes. Comme de juste, la journée du samedi est marquée par la procession de Nuestra Señora en su Soledad, dans l’attente de son fils, Ressuscité lors de la procession séraphique du dimanche matin.

LA SEMANA SANTA DE LUCENA, AL SON DEL TAMBOR Y TORRALBO

Origine

La tradition des confréries de la Semaine Sainte de Lucena remonte au début du XVIe siècle. La confrérie de la Santa Vera Cruz, qui fut fondée sur son ermitage avant 1554 et qui finança plusieurs hospices pour miséreux, est la plus ancienne confrérie de pénitence de la ville. En 1564, elle est rejointe par la Confrérie de Nuestra Señora de la Soledad, qui défile le Vendredi Saint et met en scène Saint Jean et Marie Madeleine à l’ombre de la Croix, devant le sépulcre. À la même époque, en 1576, est fondée la corporation franciscaine de la Passion et à la fin du même siècle, celle de Jesús Nazareno, qui détient le record de processions. Ajoutons en 1606 la Confrérie de pasión y gloria de Nuestra Señora del Carmen, dont la procession du Mardi Saint, très appréciée, mettait en scène icônes, allégories, Romains, anges, mortifiés, bourreaux et nazarenos (pénitents).

La santería

C’est la façon révérencieuse de faire défiler les chars au rythme du tambour. Les hommes chargés de la procession sont appelés santeros et sont divisés en groupes qui, en dehors des cérémonies publiques, cohabitent dans ce que l’on appelle les Juntas de Santeros.
Ils sont vêtus d’une tunique longue enfilée par-dessus une chemise, d’un pantalon légèrement ample et de bottes courtes en caoutchouc, ont un foulard noué autour du cou, portent un capirote (une sorte de cagoule), mais gardent le visage découvert. Les couleurs arborées dépendent de chaque confrérie. Le personnage le plus important est le manijero, qui se charge de frapper la clochette. Les joueurs de tambour, vêtus de la même façon, s’attachent à rythmer la marche des santeros, qui varie d’une icône à l’autre.

Le torralbo

Dans certaines confréries, l’arrivée du paso est précédée du torralbo, un coup de clairon bref mais mélodieux, à trois temps.

Semaine Sainte des enfants

Le samedi suivant la Résurrection, il est de coutume depuis plus d’un siècle que les enfants de Lucena rejouent à leur échelle la Semaine Sainte dans le moindre de ses aspects, de la santería aux cérémonies massives, utilisant ainsi plus de cent pasos.

Virgen de Araceli

Au-delà de la Semaine Sainte, l’effigie la plus vénérée de Lucena est la Virgen de Araceli. Tout au long de l’année, des rituels sont organisés en l’honneur de la patronne de la ville. Mais c’est bien le printemps qui est la saison phare de ces cérémonies: la romería de bajada, le pregón, les cérémonies religieuses, rosaires et processions mettent en scène l’effigie de la Vierge sur son char, ou palio, vêtue d’étoffes précieuses ou sous les atours d’une romera. Ces cérémonies ont lieu entre le sanctuaire de la Virgen de Araceli et l’église de San Mateo. La Virgen de Araceli faisant l’objet d’un culte universel, ces cérémonies n’attirent pas seulement les habitants de Lucena, mais aussi des pèlerins venus de tous horizons.